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Une conscience pour les machines ? Quelle conscience ? (2)

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Le débat sur l’hypothèse de l’émergence d’une conscience pour les IA bat son plein. D’un coté, on trouve ceux qui estiment que certaines IA développent déjà des signes d’une forme de conscience (voir article Anthropotechnie du 16 septembre dernier). De l’autre les réfractaires à cette idée défendent une spécialité irréductible de la conscience humaine, donc de l’humain. Parmi ces derniers, Anil K. Seth, université de Sussex, publie cette semaine dans la revue Nature, une article remarqué, intitulé “Three reasons why AI is not conscious and perhaps will never be” https://www.nature.com/articles/d41586-026-03313-7.epdf?

Intelligence n’est pas conscience : Anil K. Seth défend l’idée que c’est à la fois une confusion entre intelligence et conscience, et l’illusion d’une intelligence IA produite par les capacités de langage, qui conduisent à admettre que les IA pourraient développer une forme de conscience : “les grands modèles linguistiques sont capables d’imiter la pensée et les sentiments avec une habileté étonnante. Mais les données issues des neurosciences suggèrent que l’intelligence à elle seule ne suffit pas à expliquer l’expérience subjective”. La contribution de Anil K. Steth à ce débat réside dans l’idée que les capacités qui constituent l’intelligence, et son expression par le langage, ne signent en rien le phénomène de la conscience :”la conscience, c’est l’être et le ressenti ; l’intelligence — au sens très large —, c’est avant tout l’action, ou l’exercice de fonctions. Ce n’est pas parce qu’une chose est intelligente qu’elle est pour autant consciente“. Interprétant la conscience comme la capacité d’une expérience subjective, il estime que, sur la base des connaissances actuelles en neurosciences, neurobiologie et philosophie de l’esprit : “l’émergence d’une conscience dans l’IA est extrêmement improbable, du moins dans les systèmes numériques à base de silicium qui constituent le fondement des technologies actuelles”. 

Conscience ou illusion de conscience ? Les interrogations s’amplifient à mesure que s’intensifient les interactions entre l’humain et la machine, et les possibilités pour des machines de simuler le vivant :”La question de savoir si les modèles d’IA pourront un jour être conscients n’est pas seulement d’ordre philosophique. Elle a des implications pratiques. Par exemple, si les systèmes d’IA étaient conscients, ils pourraient ressentir de la détresse et de la douleur, à l’instar des êtres humains. Faut-il alors laisser proliférer d’innombrables nouvelles entités conscientes susceptibles de souffrir ? Il n’est peut-être pas surprenant que certaines personnes réclament déjà que le « bien-être de l’IA » et les « droits de l’IA » soient pris au sérieux” poursuit Anil K. Seth”.

 

https://x.com/anilkseth/status/2112270688769761374

Anil K. Seth. Three reasons why AI is not conscious and perhaps never will be. Nature, 19 octobre 2026.

 

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