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Intelligence artificielle : "l'humanité change un peu d’espèce à chaque fois qu’elle change d’outils et d’institutions".

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«L’’humanité change un peu d’espèce à chaque fois qu’elle change à la fois d’outils et d’institutions » : chaque grande mutation technique des moyens de production ou des moyens de communication, s’est accompagnée dans l’histoire d’une refonte des institutions. Ce fut le cas de l’invention de l’écriture, de l’alphabet syllabique, de la numération indo-arabe, de l’imprimerie ou des moyens électroniques de captation et de diffusion des paroles et des images” analyse le juriste Alain Supiot, citant André Leroi-Gourhan, en introduction d’un colloque au Collège de France consacré aux enjeux politiques de la révolution numérique https://www.college-de-france.fr/sites/default/files/media/document/2026-06/cheng-supiot_2025-2026_colloque-juin_programme.pdf. De ce point de vue et à l’heure de la révolution numérique, émerge une double question : d’une part quel est l’impact du numérique sur les institutions actuelles ? et d’autre part de quelle manière de nouvelles institutions pourraient-elles encadrer et contenir les IA dans des fonctionnalités conformes à l’interêt des sociétés humaines ?

Les incidents survenus en laboratoire, récemment rendus publics par les industriels de l’IA, laissent penser qu’au rythme actuel de la recherche, l’humain ne conservera pas le contrôle total des IA. (Presque) tout le monde semble d’accord : le coté sombre des algorithmes, celui qui ne correspondrait pas à l’intérêt des humains, de l’humanité, doit être régulé. Quel type de régulation serait alors envisageable, afin que les IA restent au service de la société ? Il est difficile d’imaginer de fortes initiatives émanant soit des industriels qui les fabriquent et les vendent, soit des Etats qui en retirent des pouvoirs accrus. On apprenait ainsi cette semaine que, si la Chine allait fortement réguler l’utilisation des IA compagnons à l’intérieur du pays – au motif des déséquilibres émotionnels ainsi crées chez les humains qui les utilisent (The Economist https://www.economist.com/video/CVan3v3n7ga/ecPeyS3G?utm_source=video-) – ; ces produits continueront d’être vendus sur les marchés étrangers ! 

Constatant ces impossibilités, de nombreuses voix s’élèvent en faveur d’une régulation internationale, qui serait construite autour d’institutions internationales, à l’image de ce qui existe par exemple pour la mise sur le marché des produits pharmaceutiques ou bien pour le développement d’armes nucléaires.

Dans ce concert, on entend une voix discordante, celle d’Alexei Grinbaum, CEA-Saclay, pour qui le développement de systèmes d’ IA pour contrôler les l’IA constituerait l’unique solution. Constatant qu’il est impossible de “débrancher” l’IA et que, même dans l’hypothèse d’une régulation, les humains resteront faillibles dans les instructions données aux IA et dans le contrôle de celles-ci, le chercheur en arrive à cette conclusion : “la régulation en elle même ne suffit pas. Il faut avoir des modèles qui nous aident à contrôler l’IA, des systèmes computationnels pour contrôler du computationnel. On est dans une boucle qui peut inquiéter, mais on ne peut pas le faire humainement avec des moyens de société humaine” https://t18.fr/prog/pour-tout-dire-35574/pour-tout-dire-10-09-2026-1000097496 .

Si l’on fait l’hypothèse que ces systèmes computationnels de contrôle resteront contrôlables, leur rôle dans les institutions des sociétés humaines du futur, auprès des humains de demain et donc dans l’humanité, devrait donc se révéler essentiel.  Au risque pour les humains de “changer un peu d’espèce” ? 

 

 

 

 

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