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A propos de la tour Eiffel et de la culture d'organoïdes...

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Quand vous construisez une tour Eiffel en allumettes, vous ne dites pas que c’est la tour Eiffel, vous dites : c’est une maquette de tour Eiffel. Dire (NDLR : d’un organoïde) que c’est un mini-organe est une inconduite scientifique” remarque Jacques Haiech, Université Paris Cité, dans une séquence diffusée par le CCNE dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique 2026, https://www.instagram.com/reels/DYfGZn5hvJJ/ portant sur les enjeux éthiques de la culture d’organoïdes en laboratoire. Un organoïde est  “(…) quand on le fabrique une représentation limitée de quelque chose qui ressemble à un organe” précise J. Haiech. Ces agrégats de cellules, cultivés à partir de cellules humaines en laboratoire, sont destinés à s’organiser de manière à ressembler à des organes humains, dans des objectifs de recherche.

Il est vrai que la comparaison est frappante. On saisit immédiatement l’écueil et on comprend pourquoi il est impropre de qualifier des agrégats de cellules de “mini-organes”. Néanmoins, à la reflexion, on peut se demander jusqu’à quel point cette comparaison remplit son rôle. Ne comprend t-elle pas une limite fondamentale, du fait de la difference de nature entre les deux objets de la reflexion ? La différence fondamentale entre une tour Eiffel fabriquée avec des allumettes et un agrégat de cellules humaines cultivées en laboratoire est que la première reste une chose inerte tandis que le second, l’organoïde, est constitué d’organismes vivants. La tour Eiffel en allumettes n’évoluera jamais. La maquette, en dehors des aléas de sa dégradation par le vieillissement, restera identique à son modèle. Du fait de leur nature vivante, les organoïdes, eux, sont susceptibles d’évoluer et de diverger de leur modèle. Et c’est bien cette capacité d’évolution, et les contours de cette capacité d’évolution, qui suscite des interrogations éthiques, telle que celle soulevée par J. Haiech : “est-ce bien ou pas bien de déclencher un processus que je ne vais pas totalement dominer et ou s’arrête et ou commence ma responsabilité en tant que scientifique … ? ” poursuit J. Haiech. 

 

 

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