A l’heure de l’IA, le comportement vis à vis du savoir pourrait évoluer en faveur d'”une certaine attitude vis-à-vis des textes générés par des IA, une réaction, une forme de jugement qui, au lieu d’activer un processus d’évaluation basé sur la véracité de l’information, active un processus d’évaluation basé sur sa fluidité. Le texte est bien formé et superficiellement cohérent : ce sont ces critères qui déterminent sa valeur, et, par conséquent, nos croyances” analyse Chiara Marcoccia, doctorante au Centre de sociologie des organisations de Sciences Po. https://conference.sciencespo.fr/content/2026-08-25/et-si-l-ia-nous-donnait-trop-confiance-en-nous
Ces observations font suite à une expérience menée auprès de 3000 participants à qui des questions de savoirs ont été posées, avec et sans la possibilité d’un recours à l’IA. Résultat : quand l’IA est disponible, les participantes et participants sont deux fois plus sûrs de leurs réponses, tout en faisant trois fois plus d’erreurs. “En inhibant notre réflexe de dire “je ne sais pas” quand nous ne sommes pas sûrs, l’épistémie induite par l’IA transforme jusqu’à notre rapport à l’information et même à la vérité. La distinction entre le réel et le plausible semble perdre en valeur” commente C. Marcoccia.
“Alors que généralement les études de psychologie sociale montrent que les gens font difficilement confiance à des suggestions venant de l’extérieur, dans le cas de l’IA cette tendance semble être renversée. L’IA, de par sa nature artificielle et de par son accès à une immense base de données, est perçue comme plus objective et plus informée que n’importe quel être humain. On lui fait plus confiance et on la croit plus facilement — même quand elle se trompe, comme systématiquement dans notre étude“.
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