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Passer du soin à l'augmentation humaine : comment "tombe t-on" dans le transhumanisme ?

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“Les échanges distinguent (…) de manière récurrente les usages thérapeutiques visant à prévenir, réparer ou soigner, des perspectives transhumanistes centrées sur l’augmentation des capacités humaines ou l’optimisation biologique des individus (1).  Un rapport récemment publié par le Comité Consultatif National d’Ethique, CCNE, à l’occasion des Etats généraux de la bioéthique, EGB26, rapporte une crainte partagée de “perspectives transhumanistes“. A la frontière entre des pratiques thérapeutiques et des pratiques qui se situeraient au delà de la thérapeutique, se développerait le domaine de l’amélioration des capacités humaines, défendu par le courant de pensée transhumaniste. Mais la  difficulté, dans la réflexion sur le courant de pensée transhumaniste, est qu’on ne “tombe” pas dans le transhumanisme, un peu comme on tomberait d’une falaise au moment où un seuil serait franchi, celui de la santé. Le transhumanisme se situe au delà d’un seuil de tolérance pour une société donnée. Ce seuil évolue avec les valeurs qui constituent le socle de cette société.

Il est vrai qu’à première vue, il est tentant de considérer que le domaine de l’amélioration humaine, de l’humain augmenté, commence là ou se termine le domaine de la santé humaine. Mais si l’on admet que le normal en santé est indéfinissable, les contours de la santé évoluant en fonction de norme sociales, comme alors définir alors le domaine de l’augmentation humaine ( ou de domaine de l’amélioration humaine, dans une version plus qualitative que quantitative)? Georges Canguilhem, médecin et philosophe, a théorisé l’absence de normalité dans le domaine de la santé et la difficulté de trouver une frontière entre le normal et le pathologique. Le concept de santé selon Canguilhem n’est pas stable puisqu’il existe pas de normes pour la condition humaine, de “normes de vie”. L’état de santé désigne à la fois une “santé habituelle” et un autre état qui serait l’état de “santé idéale”. Pour ces raisons, le concept de santé est donc difficilement définissable, il s’agit davantage d’une appréciation. Le normal en santé représente  pour G. Canguilhem une terme “équivoque”, dans la mesure où il est susceptible de désigner à la fois :

Dans les sociétés contemporaines, on constate que le concept de santé s’élargit avec l’émergence d’une santé préventive, avec la prise en compte croissante accordée à la santé du cerveau.

De ce point de vue l’appel à la vigilance, par les participants aux débats des EGB26, face à la perspective de nouvelles finalités de la médecine, reste particulièrement pertinent : “De nombreux participants redoutent qu’un élargissement progressif des possibilités de sélection génétique ne conduise à valoriser certains profils biologiques jugés « optimaux » et n’alimente une logique de standardisation du vivant”.

 

1 – https://www.ccne-ethique.fr/sites/default/files/2026-07/EGB26-RAPPORT-DE-SYNTHESE-2026-NUM-vf.pdf

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