“Le progrès de l’édition de base rend possible une exploration plus précise du développement humain. C’est une raison de soutenir une recherche fondamentale rigoureuse et étroitement encadrée (laquelle recherche est très souvent soutenue par des associations de patients atteints de maladies génétiques). Ce n’est pas une raison pour considérer comme inévitable la naissance d’enfants génétiquement modifiés” expliquent Hervé Schneiweiss et Francois Hirsch, dans la revue en ligne The Conversation https://theconversation.com/modifier-le-genome-des-embryons- L’hypothèse de bébés qui seraient génétiquement modifiés ne constitue en aucun cas une fatalité : “en l’état actuel des connaissances, l’édition du génome embryonnaire apparaît souvent moins comme la réponse à un besoin médical établi que comme une technologie à laquelle on cherche une application“.
Le terme “édition de base” correspond à une nouvelle technologie d’édition du génome, beaucoup plus précise et dans une certaine mesure moins risquée que la technologie CRISPR-Cas9. Les auteurs expliquent clairement pourquoi le recours à cette technologie constitue une opportunité pour la recherche fondamentale dans le domaine du développement humain, del’embryologie. L’utilisation d’embryons génétiquement modifiés se fait dans des objectifs de recherche. Mais n’ouvre en aucun cas de nouvelles perspectives dans le domaine de la reproduction humaine. Pour trois raisons principales :
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- D’un point de vue clinique, en cas de maladie génétique, il est possible de choisir une autre technologie, non invasive, puisqu’elle consiste à choisir et implanter l’embryon qui n’est pas porteur de cette maladie, dans le cadre d’une fécondation in vitro. Le recours à l’édition du génome ne serait justifié que dans des cas rarissimes où tous les embryons seraient porteurs de la maladie.
- Du point de vue des savoirs, les connaissances actuelles dans le domaine du développement humain ne permettent absolument pas de prévoir les conséquences de ces modifications génétiques sur le développement d’un individu au cours de son existence : “nous comprenons encore imparfaitement comment l’ensemble du génome produit un organisme et ses caractères, notamment le rôle des régions non codantes, de l’épignétique (les modifications réversibles de l’ADN ou des histones au cours de l’histoire de la cellule) et des interactions entre gènes et environnement (…) modifier une séquence est une chose, prévoir toutes les conséquences de cette modification à long terme en est une autre.“
- D’un point de vue éthique, un grand nombre de pays s’entendent pour rejeter une ” représentation de la procréation que ces technologies pourraient progressivement imposer : celle d’un embryon dont le génome deviendrait un objet à sélectionner, à corriger puis à améliorer”.
Elargissant leurs reflexions aux entreprises qui, aux États-Unis, vendent en ligne des tests génétiques pour choisir les embryons sur des critères de probabilité de maladie et de traits physiques et de comportement, les auteurs entendent alerter sur un risque de ” banalisation progressive d’un marché international de la sélection et de l’optimisation reproductive”.
Hervé Schneiweiss, François Hirsch. Modifier le génome des embryons humains : entre espoir et inquiétude, les questions soulevées par les avancées scientifiques récentes. The Conversation. 26 octobre 2026.
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