“La confiance en soi est une processus biologique et psychologique complexe“. Deux éléments nouveaux, à propos de la confiance en soi, sont mis en exergue, à l’issue de travaux de recherche en neurosciences sur le comportement humain, à partir d’IRM du cortex préfrontal et de l’amygdale (centre de gestion des émotions).
- La confiance en soi n’est pas innée.
- Le degré de confiance en soi a des conséquences sur la prise des décisions quotidiennes et sur la santé mentale.
Ces affirmations pouvant aller à l’encontre de croyances traditionnelles, il convient de les expliquer, ce que fait Marion Rouault, chercheuse au CNRS, dans la vidéo ci-dessous, captée à l’occasion d’une conférence à l’Institut de cerveau à Paris.
La confiance en soi n’est pas acquise pour toujours à la naissance, elle se construit tout au long de l’existence d’un individu, de sa trajectoire de vie : “elle repose sur des mécanismes cérébraux précis et évolutifs. Elle ne dépend pas uniquement de notre personnalité, mais aussi de notre expérience, de notre environnement et du fonctionnement de notre cerveau (…) Elle se construit progressivement au fil des expériences, notamment à travers les interactions sociales, les réussites et les échecs. L’environnement joue un rôle déterminant : les encouragements, les critiques ou encore les comparaisons influencent profondément l’image que nous avons de nous-mêmes (…) chaque expérience vécue laisse une trace dans le cerveau. Les réussites renforcent les circuits neuronaux associés à la compétence, tandis que les échecs peuvent, s’ils sont mal interprétés, alimenter des croyances négatives.“.
Le degré individuel de confiance en soi est très variable entre les individus (en dehors des pathologies cliniques). La plupart des individus “sont légèrement sur-confiants, ont tendance à surestimer leurs capacités ” remarque M. Rouault. Le degré de confiance, sur-confiance ou sous-confiance, s’accompagne d’ un trait d’autoévaluation, c’est à dire d’une évaluation de la fiabilité de sa propre prise de décision, qualifié de méta-cognition, de sensibilité métacognitive.
Quels facteurs biologiques sous-tendent la confiance en soi ? Quelle architecture ? quelle organisation ? L’evaluation s’effectue à partir de plusieurs décisions pour lesquelles sont mesurés les écarts entre performance objective et confiance subjective. Pour ces travaux, les objectifs de recherche résident dans les correlations entre le degré de confiance, la sensibilité méta-cognitive et les symptômes de santé mentale que sont l’anxiété/dépression, la compulsivité/pensées intrusives et le retrait social. Des recherches à venir concerneront la méta-cognition des élèves en classe et les impacts sur la motivation ainsi que la métacognition des médecins, c’est à dire la confiance dans la prise de décisions médicales.
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