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Les objets "wearables" pour la santé : de patients à consommateurs

Tel que l’interprète la revue britannique The Economist, le domaine de l’anthropotechnie devrait être, pour l’année 2022, marqué par un massif développement des objets portables pour les technologies de santé, les wearables pour la santé. Investi par les géants du numérique, ce domaine voit l’émergence de nouveaux objets équipés de biocapteurs pour mieux dormir, mieux se nourrir, et surtout surveiller différentes fontionalités corporelles telles que que la pression sanguine, le rythme cardiaque, l’oxygénation du sang ou même l’équilibre psychique.  Lunettes ou montres intelligentes, bandeaux/casques à capteurs, smartphones multi-fonctions … L’usage à domicile de ces objets de santé s’éloigne de plus en plus de la médecine (la médecine se définit comme les connaissances et les actions “mis en œuvre pour la prévention, la guérison ou le soulagement des maladies, blessures ou infirmités ») (1) pour ce qui s’apparente davantage à un acte de consommation.  Ces nouvelles pratiques s’intègrent dans le développement contemporain de la télémédecine et de la e-santé, avec son cortège de critiques portant sur la déshumanisation de la médecine, l’éloignement physique des médecins et des patients, les mauvais usages et interprétations de données corporelles ou encore les d’inégalités d’accès en lien avec la fracture numérique. 

Usages médicaux et usages de consommation

Conséquence du développement de ces nouveaux produits ou dispositifs de santé, la frontière entre les usages médicaux et les usages de consommation, entre le statut de patients et le statut de consommateurs de produits de santé, est en train de s’effacer, remarque The Economist. La notion de santé, définie par l’OMS depuis 1946 comme “un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité »(2), continue de s’élargir dans le sens de la prévention, dans le sens du bien-être physique et psychique et dans le sens de la personnalisation, dans tous les cas bien au delà du domaine proprement médical. Ces nouveaux objets et nouveaux usages appellent un cadre de régulation spécifique et de références à de bonnes pratiques, du point de vue de l’accès, des conséquences de l’état de connexion que des modalités du partage des données.

1 – https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/médecine/50082

2 – https://www.who.int/fr/about/governance/constitution

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