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Robots humanoïdes (1) : créateurs d’émotions chez les humains.

Que ressentent les humains lors de leurs interactions avec des robots humanoïdes ? Le lien social n’est pas du tout le même que lors de relations d’humains à humains, répond en substance Thierry Chaminade, chercheur CNRS à l’Institut des Neurosciences de la Timone AMU, dans l’intervention ci-dessous. A l’occasion des relations d’humains à robots, les zones du cerveau activées ne sont pas identiques à celles qui s’activent lors de relations d’humains à humains. Dans un nouveau domaine de recherche aussi récent qu’essentiel, se posent les questions suivantes : comment les interactions entre humains et robots se traduisent-elles dans le cerveau humain ?  Les types d’états mentaux observés lors des relations humains-robots sont ils comparables à ceux observés lors des relations d’humains à humains ? Un chose est sure : s’ils suscitent des émotions chez les humains, les robots humanoïdes n’ont évidement pas d’états mentaux eux-mêmes, puisque ce sont des machines, et qu’il est aujourd’hui impossible de recréer le substrat biologique humain.

Thierry Chaminade décrypte avec talent cette question nouvelle que constituent les relations avec les robots, notamment à travers l’étude des bases cérébrales de ces relations  :  « en comparant l’activité cérébrale lorsque des personnes jouent ou discutent avec un robot par rapport à un humain, nous avons identifié des réponses différentes dans différentes régions, parmi lesquelles l’hypothalamus, noyau sous-cortical qui sécrète la neurohormone ocytocine impliquée dans le lien social, qui ne s’active que pour l’agent humain. D’autres différences dans les aires associées à l’attribution d’états mentaux impliquent, suite à la proposition du philosophe Daniel Dennett, qu’on n’adopte pas de posture intentionnelle lorsqu’on interagit avec une machine même lorsqu’elle montre des signes d’intelligence, ce qui aura des conséquences négatives sur l’acceptation des agents artificiels comme compagnons quelle que soit leur compétence sociale » précise T. Chaminade.  

 

 

 

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