Lien copié

La collecte de données cérébrales et la question d’une politique du cerveau.

« The increasing availability of brain data within and outside the biomedical field, combined with the application of artificial intelligence  (AI) to brain data analysis, poses a challenge for ethics and gouvernance » (1) estime un groupe international de chercheurs, pointant les questions politiques soulevées par la croissante collecte des données cérébrales et l’urgence d’une politique du cerveau. 

Travail, éducation, défense, wearables… autant de domaines où la collecte de données cérébrales est déjà visible. Les données cérébrales, brain data, se définissent comme des  : « quantitative data about human brain structure activity and function ». Leur collecte, via les appareils d’IRM dans le domaine médical mais aussi d’EEG pour le monitoring cognitif, de neurofeedback ou d’autres formes d’interfaces cerveau-ordinateur (Brain computer interfaces, BCI), développés par des entreprises telles que Meta, Microsoft, Neuralink, Emotiv ou encore Kernel, posent – selon les auteurs de cet interessant article – des questions d’ordre éthique et politique, d’atteinte à l’intimité de la vie mentale, à l’intimité des process cognitifs (signature de déclin cognitif par exemple), au caractère privé des affects et même peut-être atteinte au libre arbitre (liberté de pensée). 

Les données cérébrales présentent une valeur spécifique à la fois du point de vue de leur origine (quality) et aussi de leur importance (magnitude). Si les technologies ne permettent pas aujourd’hui de “lire le cerveau”,  certaines données cérébrales, au niveau neurobiologique, sont corrélées à des états mentaux. La prédiction des états mentaux peut aussi s’établir à partir en agrégeant les brain data avec des données non neurales : données de comportement et données digitales notamment. Les questions de gouvernance et d’éthique couvrent non seulement la régulation des appareils, des BCI, mais aussi la collecte et le devenir des données, à travers les questions telles que les possibilités ou non d’ anonymisation et les conditions de partage  : « neurotechnological devices that are deliberately developped to fall outside of medical device régulations, are often marketed as direct to consumer products. Therefore, they fall under the purview of consumer protection laws and régulation » préviennent les auteurs. 

 

1 – Towards a governance framework for brain data. Neuroethics. May 2022. 

Neuroethics (2022) 15:20 https://doi.org/10.1007/s12152-022-09498-8

 

0 commentaire

Commenter

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Champs obligatoires*