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De l'humain réparé à l’humain augmenté…

La bioélélectronique pour des interfaces neuronales, l’optogénétique au service de la vision, un coeur artificiel, des exosquelettes, des prothèses  de genou connectées, un retour sensoriel pour des personnes amputées, une  main bionique, l’impression 3D, le projet InMoov de robot humanoïde…  : le dossier « L’humain réparé et augmenté », publié par dans la revue Telecom, met en avant quelques avancées exemplaires dans le domaine de l’”humain réparé”, tout en prenant bien soin de ne pas “s’aventurer sur le terrain du transhumanisme ». Les auteurs, Michel Barth et Daniel Legendre, analysent la tension – maintenant classique – entre le recours à technologies de pointe pour réparer l’humain et ses pathologies, et le recours à ces mêmes technologies pour “augmenter” certaines capacités humaines : « en allant plus loin, à la faveur de la réparation d’un handicap ou d’un organe, les nouvelles technologies pourraient en même temps s’aventurer sur le terrain de l’humain augmenté. En effet, rien n’interdit pour les technologies d’aller plus loin que simplement pallier une carence/impotence fonctionnelle et ainsi augmenter des fonctions humaines (plus de force, meilleure vision, etc.), ceci de facto pouvant poser des questions éthiques complexes. C’est par exemple le cas de récentes avancées de chercheurs chinois travaillant sur un utérus artificiel géré par IA. Par ailleurs, les nouvelles technologies se développent également au service de l’humain augmenté pour des applications dans le domaine du service, de l’industrie ou du militaire avec notamment les exosquelettes. Nous ne mentionnons cette dimension dans ce dossier qu’au travers du dernier article ».

On pourrait ajouter que, au delà de cette tension entre le soin et l’augmentation, la question est aussi de savoir ce qui relève exactement du soin, afin de déterminer en quoi consiste l’augmentation. On pourrait en effet faire l’hypothèse que le domaine de l’augmentation commencerait là ou le domaine de la santé se terminerait. Le problème ici est que le domaine de la santé s’élargissant en permanence à la fois dans son concept (l’OMS définit la santé comme un état complet de bien-être, à la fois physique, mental et social) et du fait des avancées de la médecine préventive, l’identification d’une frontière entre les deux s’avère réellement compliquée.

 

 

Telecom. La revue de l’association TelecomParis Alumni. Dossier : l’humain réparé et augmenté. 1er avril 2022, numéro 204.

https://www.telecom-paris-alumni.fr/fr/revue/numeros/l-humain-repare-et-augmente-l-internet-du-futur/3568

Michel BARTH : Polytechnicien, diplômé de Télécom Paris, est président et cofondateur d’ENoving. Expert en stratégie, innovation et conduite du changement, Michel accompagne les entreprises dans leurs projets d’innovation en lien avec de nouveaux modèles d’affaires. Il intervient également dans de nombreuses écoles. Il est notamment expert auprès d’EIT Health et co-anime le groupe X Santé Biotech. 

Daniel LEGENDRE : Médecin diplômé de la Faculté de Médecine Paris VI, Ph.D Public Healthcare HSM Boston, est senior medical advisor auprès d’ENoving. Daniel a été membre de la Mission Parlementaire Télésanté du député Pierre Lasbordes. Il pratique l’informatique de santé et la Télémédecine depuis plus de trois décennies.

 

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