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Les plis du cerveau ont-ils une signification ?

Pourquoi notre cerveau a t-il des plis, et ces plis ont-ils une signification ? Le cerveau des embryons est d’abord quasiment lisse, puis se plisse dans après le 6ème mois explique Jean-Francois Mangin (1), chercheur à Neurospin (CEA). La raison : le cerveau se plisse afin de pouvoir augmenter son volume.  Déplié, il occuperait une superficie d’un m2 environ. Grâce aux plis, le cerveau tient dans la boîte crânienne.  On sait aujourd’hui que les motifs des plis sont différents pour chaque individu, exactement au même titre que les empreintes digitales. Il serait donc possible d’identifier un individu grâce aux plis de son cerveau.

Avec les avancées des technologies d’imagerie cérébrale, les chercheurs font des découvertes suprenantes. Des liens apparaissent entre l’anatomie des plis et certaines pathologies. Les plissements incorrects pourraient être à l’origine de pathologies telles que l’épilepsie, souligne Jean–François Mangin. Les plis ou sillons du cortex seraient corrélés à des meilleures performances dans le contrôle de l’inhibition, affirme de son coté Arnaud Cachia, Laboratoire Psyde, qui étudie “les relations entre variations du plissement du cortex – une caractéristique stable du cerveau, déterminée in utero – et les symptômes cliniques dans des troubles psychiatriques et neurogénétiques“(2). A la naissance, le cerveau du bébé est déjà plissé même s’il est beaucoup plus petit qu’un cerveau d’adulte .

Certaines asymétries dans les plis du cortex seraient corrélées à de meilleures capacités de self-contrôle (3), le contrôle de l’inhibition. Le contrôle de l’inhibition est une capacité cognitive qui permet aux humains de résister aux habitudes, aux tentations ou aux distractions.  Or posséder cette capacité de contrôle est un enjeu majeur : elle serait  liée  à de meilleurs taux de succès académiques et professionnels : “ Using anatomical magnetic resonance imaging (MRI), we analyzed the sulcal pattern of two key regions of the IC neural network, the dorsal anterior cingulate cortex (ACC) and the inferior frontal cortex (IFC), which limits the inferior frontal gyrus.We found that the sulcal pattern asymmetry of both the ACC and IFC contributes to IC (Stroop score) in children and adults: participants with asymmetrical ACC or IFC sulcal patterns had better IC efficiency than participants with symmetrical ACC or IFC sulcal patterns. Such additive effects of IFC and ACC sulcal patterns on IC efficiency suggest that distinct early neurodevelopmental mechanisms targeting different brain regions likely contribute to IC efficiency”(4).

 

(1) Interview de Jean Francois Mangin par Michel Chevalet. CNews : http://www.cnews.fr/chroniques/comment-ca-marche-201/comment-ca-marche-du-17032018-186655

(2) Arnaud Cachia. La Psyde. https://www.lapsyde.com/arnaud-cachia

(3) http://www.eneuro.org/content/5/1/ENEURO.0197-17.2018

(4) A gradient of childhood self-control predicts health, wealth, and public safety. http://www.pnas.org/content/108/7/2693?ijkey=c04866d8ff3620314c418ff463e7a3dd3de86b8f&keytype2=tf_ipsecsha

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