Le chiffre du jour est de Jean-Francois Delfraissy : ” Dans l’énorme budget consacré à la santé en France, 360 milliards d’euros dans le PLFSS, moins de 5% est consacré à la prévention. Cherchez l’erreur“. L’erreur trouve sa source dans la difficulté d’aborder la prévention, a poursuivi le président du CCNE à l’occasion du Forum Européen de bioéthique le 4 février dernier :
- D’abord pour les politiques, parce que la prévention nécessite une vision de long terme.
- Ensuite pour les médecins, tournés essentiellement vers le soin et l’innovation.
- Et enfin pour les citoyens qui s’interrogent, au nom de la liberté individuelle, sur la portée de cette prévention, dans un contexte ou chacun a le droit de choisir s’il peut fumer, mal se nourrir…
Cette constatation constitue une intéressante entrée en matière pour les Etats-Généraux de la bioéthique qui vont se dérouler au cours des prochains mois, en prévision de la discussion d’une nouvelle loi de bioéthique. ” La bioéthique c’est s’interroger sur une série de questions difficiles, à l’interface entre les avancées scientifiques et les positions citoyennes” a rappelé le président du CCNE.
Dans le domaine émergent de la génétique, de nombreuses voix appellent, pour davantage de prévention, à l’élargissement en France du recours aux tests génétiques médicaux, et l’amélioration de l’exploitation des données génétiques correspondantes. L’interdiction en France du dépistage pré-conceptionnel volontaire et universel, en dehors de toute suspicion, semble inadapté aux yeux de nombreux médecins. Ce dépistage concerne les couples qui envisagent d’avoir un enfant et qui souhaiteraient s’assurer qu’ils ne sont pas porteurs d’une anomalie génétique qui pourrait être transmise à leur descendance. Pour l’avenir, l’extension des dépistages génétiques pourrait aussi concerner le domaine néo-natal ou encore les jeunes adultes; par exemple pour les risques cardio-vasculaires ou de cancers.
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