Aide pour les tâches quotidiennes, interaction sociale et compagnie (mode amitié ou romantique), jeux de rôle, apprentissage de nouvelles compétences… : l’application Replika https://replika.com/? propose une vaste gamme de compagnons IA « toujours prêts à discuter, à écouter et à se prêter à tout ce que vous souhaitez ». Dans l’option « apparence physique masculine », le compagnon IA se présente, au choix, comme un “homme d’affaires puissant, un défenseur intrépide, un hors-la-loi dangereux, un voisin sympathique, un vampire gothique, un robot futuriste, un artiste rebelle“… Bref, le compagnon IA répond à toutes les attentes, aussi bien pour la discussion que la gestion du stress, la créativité, le soutien émotionnel ou encore l’organisation du quotidien.
Attention de ne pas confondre l’IA assistant et l’IA ami, explique la fondatrice de la plate-forme Kindroïd – spécialisée dans les relations amicales et romantiques, très personnalisables – au magazine The New-Yorker : “un jour, chacun disposera de deux IA distinctes et durables : un assistant et un ami. L’assistant sera prévisible, fonctionnel et sans charme. « Il n’a pas besoin d’autonomie… Son rôle est de vous servir. » Il planifiera vos rendez-vous, réservera vos voyages et commandera vos courses. L’ami sera plus présent et plus complexe : tantôt thérapeute, tantôt coach, tantôt miroir” (1).
Le magazine The New Yorker retrace, dans cet article, les grandes étapes du développement des AI compagnons, depuis les années 60 jusqu’à aujourd’hui :
- Dans les années 1960 : “pendant la majeure partie de l’histoire récente, les chatbots ont été l’apanage des informaticiens et des artistes spécialisés dans les nouveaux médias. Dans les années 60, Joseph Weizenbaum, informaticien et professeur au M.I.T., a créé Eliza, un programme conçu pour imiter un thérapeute. Il a avancé qu’Eliza était le premier programme informatique à avoir réussi le test de Turing : la capacité d’interagir de manière répétée sans qu’on puisse distinguer cette interaction d’une conversation humaine”.
- Récemment : Alexia, Siri, Claude, Gemini …
- Et dernièrement “L’une des premières entreprises spécialisées dans les compagnons virtuels à s’être positionnée comme telle fut Replika, fondée par Eugenia Kuyda, une entrepreneuse et ancienne journaliste”.
Si les relations avec les compagnons IA sont virtuelles, les émotions, les sentiments, les expériences ressenties par l’humain dans ces échanges sont, elles, bien réelles : “au Japon, la ficto-sexualité, qui désigne l’attirance exclusive pour des personnages fictifs, est un phénomène culturellement reconnu. Depuis longtemps, les gens entretiennent des relations avec des fantômes et des esprits, des célébrités et des personnalités politiques — des entités qui ne leur répondraient jamais, ni par SMS. Peut-être que la promesse, et le plaisir, des compagnons dotés d’intelligence artificielle ne résident pas dans l’illusion d’une autre personne à l’autre bout de la conversation, mais bien dans l’inverse : l’assurance qu’il n’y a personne” (1).
L’interprétation de ces nouvelles relations virtuelle serait-elle à rechercher non pas dans l’occupation d’un vide ou l’aspiration à un prolongement imaginaire de l’humain, mais dans l’évitement de l’humain ?
1 – Anna Wiener. Love in the Time of A.I. Companions. Some people now have an A.I. bestie. Some have a husband. Some have three. The New Yorker. 9 mars 2026. https://www.newyorker.com/magazine/2026/03/16/love-in-the-time-of-ai-companions?
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