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La neuroéthique appliquée aux modèles animaux et aux organoïdes

Ces dernières semaines ont été riches en surprises du point de vue de la recherche en sciences du cerveau… chez les animaux. Coup sur coup, ont été publiées plusieurs études. La première étude porte sur la remise en route d’une activité cérébrale chez des porcs morts depuis 4 heures. Puis une autre portant sur une manipulation génétique effectuée sur des singes dans le but de les rendre plus intelligents. En dehors des résultats scientifiques de ces études, un constat s’impose : à de nouveaux modèles pour la recherche, ou à de nouvelles recherches sur des modèles animaux, à fortiori les chimères,  doit correspondre une nouvelle éthique. Le sujet concerne aussi par extension les organoïdes ou mini-cerveaux, ces reconstitutions de tissus et d’organes à partir de cellules souches, de manière à prendre en compte de nouveaux enjeux de conscience et de  souffrance.

Dans l’expérience des porcs morts, des questions restent en suspens concernant les effets de l’expérience du point de vue de la consciences des animaux “In our view, new guidelines are needed for studies involving the preservation or restoration of whole brains, because animals used for such research could end up in a grey area — not alive, but not completely dead” ont précisé Henry Greely et Nita Farahany, professeurs de droit à Stanford University et Duke University (2).

Dans l’expérience des singes augmentés, l’idée était d’insérer des gènes cérébraux humains afin d’étudier l’évolution de la cognition humaine à partir de modèles primates transgéniques (3). Effectivement, selon l’étude, les primates ainsi modifiés auraient présenté des scores de mémoire modifiés. Ils se seraient aussi développés plus lentement, à l’image des cerveaux humains. La recherche a été menée en Chine, au Kunning Institute of zoology. Est-il admissible d’humaniser des primates non humains ?A ceux qui s’inquiètent, le chercheur chinois qui a mené les expériences rétorque  “ apes are so close to humans that their brains shouldn’t be changed. But monkeys and humans last shared an ancestor 25 million years ago. To Su, that alleviates the ethical concerns. “Although their genome is close to ours, there are also tens of millions of differences,” he says. He doesn’t think the monkeys will become anything more than monkeys. “Impossible by introducing only a few human genes,” rapporte le magazine MIT Technology Review. 

Les nouveaux dévelopements de la recherche doivent amener une neuroethique moins anthropocentrique avait plaidé récemment L. Syd M Johnson, philosophe,  Michigan Technological University :  “In both cases, neuroethics is challenged by new knowledge and emerging scientific and technological innovations to expand its scope to consideration of nonhuman creatures, entities, and organisms, and to shift its focus to be, in a real and urgent sense, less anthropocentric” (3).

 

 

 

 

(1) http://www.theneuroethicsblog.com/2019/04/toward-less-anthropocentric-neuroethics.html

(2) Part-revived pig brains raise slew of ethical quandaries. Nature, 19 avril 2019. https://www.nature.com/articles/d41586-019-01168-9?utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_content=organic&utm_campaign=NGMT_2_SJH_Nature

(3) https://www.technologyreview.com/s/613277/chinese-scientists-have-put-human-brain-genes-in-monkeysand-yes-they-may-be-smarter/?utm_campaign=site_visitor.unpaid.engagement&utm_source=twitter&utm_medium=add_this&utm_content=2019-04-10

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