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Mind and Matter (2) : Esquisses de la conscience

La conscience est-elle réduite à un embrasement neuronal ? La question délimite un nouveau champ de recherche, habituellement peu prisé par les jeunes chercheurs, pourtant fondamental à la compréhension de l’humain. Deux théories s’affrontent – shématiquement – dans ce débat  : la thèse biologiste qui associe la conscience à des propriétés biologiques, électriques et chimiques notamment, et la thèse computationnelle qui considère le cerveau humain comme un algorithme comme les autres, certes un peu plus sophistiqué. 

 La recherche sur l’accès à la conscience ( par opposition à la conscience qui se rapproche de la vigilance), sur une localisation de la conscience, du soi et de son environnement, s’intensifie aujourd’hui, portée par les technologies de plus en plus puissantes et précises de l’imagerie cérébrale…Stanislas Dehaene défend depuis de nombreuses années (1) la légitimité de la conscience comme objet d’études : « On peut légitimement se demander si une véritable science de la conscience est envisageable. Le caractère subjectif de l’expérience consciente interdit-il toute analyse scientifique objective, à la troisième personne, telle qu’on peut la mener par les méthodes de la psychologie cognitive ? L’expérience consciente, par nature subjective, échapperait-elle à l’expérimentation ? Bien entendu, notre cours défend la position contraire. Il entend montrer que la conscience est un objet d’étude légitime, « un phénomène réel, naturel, biologique, littéralement localisé dans le cerveau » (Antti Revonsuo), et que nous disposons de nombreux paradigmes expérimentaux pour l’étudier ». 

L’Initiative ARC, Accelerating Research in Consciensiousness, est justement un programme de recherche international qui vise à déterminer les fondements neuronaux de la conscience. Doté de 20 millions de dollars, financé par Templeton World Charity Foundation. Le projet confronte, dans une phase intiale de 3 ans, deux théories de la définition de la conscience. Dans la confrontation émergent des questions de location, où et quand, dans le cerveau, émerge la conscience… Pour les départager, trois technologies différentes sont utilisées : “functional magnetic resonance imaging (fMRI), which tracks patterns of activity in the brain with high spatial resolution; magneto-electroencephalography (MEG/EEG), a method for recording electrical activity in groups of neurons noninvasively and with high temporal resolution; electrocorticography (ECoG), direct recordings from implanted electrodes”. S’affrontent le projet Global Neuronal Workplace (GNW) défendu par Stanislas Dehaene, INSERM/Unicog, avec Lionel Naccache, Sorbonne/INSERM et Jean-Pierre Changeux, Institut Pasteur;  et le projet ITT, Integrated Information Theory, porté par Giulio Tononi, professeur et directeur de the Wisconsin Institute for Sleep and Consciousness at the University of Wisconsin.

– “GNW takes a functionalist approach. It says consciousness is a function of the brain, so let’s look for where in the brain this function is orchestrated …GNW theory postulates that a network engaging both the front and the back of the brain is where the action is. According to Naccache, the cognitive availability that characterizes consciousness should be associated with a neural availability, a particular functional architecture in the brain. GNW theory predicts this neural signature is long-distance, coherent, and complex, a kind of sustained, complex conversation between brain regions engaged in high-level neural processing, located mostly in frontal and parietal regions of the neocortex, he says» (1).

– “IIT starts from consciousness itself, the subjective experience of being as opposed to doing. Rather than viewing consciousness as a particular brain function and searching for the neural correlates, it describes the essential properties of consciousness, including the core concept of how information is integrated to engender awareness of the world and self. Then, IIT theory postulates that the physical substrate of consciousness will share those essential properties, providing a sort of treasure map to the kind of neural environment likely to support conscious being » (1).

 

1- Brenda Patoine. Tracking the Neural Footprints of Consciousness. Cerebrum. April 15, 2020. https://dana.org/article/tracking-the-neural-footprints-of-consciousness/

2- Stanislas Dehaene. Cours au Collège de France.  https://www.college-de-france.fr/site/stanislas-dehaene/course-2010-01-05-09h30.htm

 

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