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Dyslexie, dyscalculie... : un dispositif renforcé pour aider les enfants

En dépit d’intenses recherches et de technologies d’imagerie cérébrale de plus en plus performantes (1), les liens entre l’architecture et le fonctionnement du cerveau et la dyslexie ou la dyscalculie ne sont pas établis. En attendant, un grand nombre d’enfants – 8% selon la HAS, Haute Autorité de Santé – continuent de souffrir face à des difficultés scolaires persistantes, et leurs parents de s’inquiéter pour leur avenir. Comment alors améliorer le parcours de santé d’un enfant présentant des troubles spécifiques du langage et des apprentissages ?  

Un nouveau rapport de la HAS (3) précise le dispositif mis au point pour aider les enfants qui rencontrent des difficultés dans leurs apprentissages. Les “dys”, c’est à dire dyslexie, dyscalculie, dyspraxie, troubles de l’attention (TDAH) sont regroupés pour l’occasion sous l’acronyme TSLA, Troubles Spécifiques du Langage et des Apprentissages. Le rapport destiné à la fois aux médecins, aux enseignants et aux  familles répond à de multiples attentes. Dans le domaine du repérage des troubles, il répertorie les signes d’alerte, dès 18 mois pour le langage. L’accent est mis sur la coordination entre les médecins et les professions spécialisées : orthophonistes, psychomotriciens, ergothérapeutes, orthoptistes, qualifiés de “rééducateurs”, même si le terme n’est pas très heureux. Il ne s’agit pas tant de “rétablir”, que d’enseigner différemment le calcul ou la lecture.

Quoiqu’il en soit cette bonne coordination, indispensable, n’est pas facile à réaliser sur le terrain. Trois niveaux de prise en charge sont distingués, en fonction de la complexité du trouble :

Le problème est qu’aujourd’hui il est difficile d’obtenir un avis spécialisé en dehors de ces derniers centres, or ils sont totalement saturés.  

L’origine des TSLA reste obscure. Si dans certains cas les facteurs biologiques sont privilégiés – par exemple dans le cas des enfants nés prématurément- pour de nombreux autres cas il n’est pas clair de savoir si les origines de ces troubles cognitifs sont plutôt biologiques, c’est à dire liés à l’anatomie du cerveau et son fonctionnement, ou plutôt liés aux processus d’apprentissages eux-mêmes. Ces deux catégories de causes peuvent bien entendu se cumuler. Dans le cas du déficit d’attention, aucun marqueur biologique n’a pu être identifié comme une cause spécifique du trouble. 

Les troubles sont qualifiés par la HAS d'”anomalies dans le développement cognitif de l’enfant“, dans le sens où ils constituent des écarts à des moyennes.  La difficulté pour les adultes à reconnaitre que des enfants  présentent des spécificités dans les capacités cognitives ne constituerait t-elle pas, elle aussi,  une anomalie?

 

 

(1) Cours au Collège de France. Les mécanismes cérébraux de la dyslexie, par Stanislas Dehaene. http://www.college-de-france.fr/site/stanislas-dehaene/course-2007-06-21-09h30.htm

(1) Usbek et Rica. Interview de Ghislaine Dehaene-Lambertz, Le cerveau est encore plus intelligent qu’on ne le pense. 16 mars 2018.https://usbeketrica.com/article/le-cerveau-est-encore-plus-intelligent-qu-on-ne-le-pense

(2)Haute Autorité de Santé. Comment améliorer le parcours de santé d’un enfant avec troubles spécifiques du langage et des apprentissages.  31 janvier 2018.  https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2822893/fr/comment-ameliorer-le-parcours-de-sante-d-un-enfant-avec-troubles-specifiques-du-langage-et-des-apprentissages

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